vendredi 27 septembre 2013

Développement Durable : le concept de justice environnementale



Par justice environnementale, on comprend que les populations sont plus exposées que d’autres aux risques sanitaires. En région parisienne, on admet que les habitants de l’Est sont plus vulnérables que ceux de l’Ouest parisien, cette zone géographique accueillant historiquement sur son territoire des industries. En effet, l’ère industrielle a certes permis le développement de notre société mais a également apporté avec elle la pollution. Par risque sanitaire, il faut entendre que l’activité industrielle s’accompagne d’impacts environnementaux non négligeables : rejets de fumée contenant des polluants dans l’atmosphère, dans l’eau, dans l’air, sur et dans les sols à plus au moins forte dose. Les dangers relèvent, entre autres, de la multitude polluants rejetés, de leur altération dans les milieux dans lesquels qu’ils pénètrent et de la dégradation de ceux qu’ils génèrent ainsi que sur l’homme. À Ceci, il faut également ajouter la probabilité d’accidents ou incidents d’origine chimique.
Ce concept de justice environnementale est apparu aux États-Unis sous la pression notamment des minorités ethniques. Sur le continent européen, la notion a émergé par le biais de la précarité sociale. Les hygiénistes du 19ème siècle ont fortement fait avancer le débat en militant pour des logements salubres (accès à l’eau, chauffage, WC, etc.) pour les ouvriers, un meilleur assainissement, une politique embryonnaire de déchets.
Depuis, l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) créée en 1948 s’est attribuée pour mission de réduire les inégalités environnementales et d’élever le niveau de santé des populations. Ainsi, les États se sont engagés à permettre à chacun de vivre décemment sans mettre en danger sa santé. Ceci suppose de réduire donc les impacts des activités anthropiques, de remplacer les produits toxiques pour la santé humaine et celle des milieux tels que les CMR (substances cancérigènes, Mutagènes, Reprotoxiques) par d’autres non toxiques.
Notons que les inégalités environnementales sont aussi d’ordre économique et social. La situation professionnelle, et donc les revenus influant sur le choix du lieu de résidence, sur les produits alimentaires. Tout comme les habitudes culturelles peuvent influencer ces dernières. Les impacts sont également exacerbés en fonction de l’âge et de l’état de santé. Notons que la justice sociale s’intéresse à tous les aspects de la vie d’un individu : vie privée et son milieu domestique, culturel et vie professionnelle et son environnement de travail.
Les implications pour les autorités sont de 3 ordres :
-          -  Elles doivent permettre de rechercher et d’améliorer la connaissance des polluants et de leurs effets. En ce sens, elles favorisent la recherche
-         -  Elles doivent informer, sensibiliser et permettre au public de participer à la prévention et gestion des risques. Ceci renvoie, entre autres, à la loi du 22/07/1987 « Droit des citoyens à une information sur les risques majeurs ainsi que les mesures de sauvegarde » ; la loi de Juillet 2003 a complété ces dispositifs en permettant la création des CLIC (Comités Locaux d’Information et Concertation) et en renforçant le pouvoir des CHSCT (Comités d’Hygiène et Sécurité au Travail).
-          - Elles doivent gérer les risques, intervenir lors d’un incident ou accident aux impacts sanitaires négatifs importants avérés ou supposés.
Pour résumer, cela consiste à mettre en place une politique de gestion des risques, de supprimer tout sentiment d’insécurité et de limiter les risques.
En termes d’interactions entre les politiques nationales et territoriales, nous pouvons prendre l’exemple du Plan National Santé Environnement. Créé en 2004, le PNSE a fait de la santé environnement un thème écologique central. Il fait de la réduction de l’impact sanitaire de l’environnement sur la santé un objectif de santé publique. Piloté par le Ministère des Affaires sociales et de la Santé et le Ministère de l’Écologie du Développement Durable et de l’Énergie, il a aussi la particularité de se décliner sur le plan local. Une partie de la compétence est ainsi placée sous l’égide du préfet de région. Les DRASS[1], DREAL[2] et DRTEPP[3] travaillent alors en collaboration avec les élus, les associations de protection de la santé et de l’environnement, de patients, de consommateurs, de représentants de salariés, d’employeurs, du monde économique et des services de l’État, afin d’adapter le plan national aux spécificités régionales. Ceci démontre l’imbrication d’une politique nationale et locale ainsi que la participation du public.
Par ailleurs, nous pouvons affirmer que le concept de justice environnementale a une place toute légitime dans le Développement Durable, celui-ci se composant de trois volets essentiels que sont l’environnement, l’aspect social et l’économie, le tout encadré par des dimensions éthiques et de gouvernance. Le Développement Durable oeuvrant entre autres pour le respect et la protection des milieux, de la biodiversité et de l’homme. Respecter l’homme, c’est lui permettre de vivre dans des conditions n’altérant pas son intégrité physique et psychologique.



[1] Direction Régionales des Affaires Sociales et Sanitaires
[2] Directions Régionales de l'Environnement, de l'Aménagement et du Logement
[3] Direction Régionale du Travail, de l'Emploi et de la Formation Professionnelle


FMLEMOINE© - septembre 2013
Visuel : www.greenetvert.fr 
Mots clés : santé, justice environnementale, santé environnementale 

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